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Un BLOG de la Rédaction
du Journal SUD OUEST

Les Lionceaux de la Teranga
Le Sénégal depuis l’institut Diambars, centre de formation de jeunes footballeurs

Archive du février 2008

Blague sénégalaise

Racontée par Tembé, préfet des études :

Le péché mignon du pape, ce sont les grosses américaines. Pas les femmes, hein, les voitures. Mais quand on est pape, on a seulement le droit de se vautrer sur la banquette arrière. Un jour qu’il va pour rentrer au Vatican, il finit par céder à la tentation et dit à son chauffeur : « Ecoutez mon ami, je vais prendre le volant. Vous allez monter derrière. Oui je sais, je suis le pape et les convenances me l’interdisent mais on ne dira rien à personne. Ni vu, ni connu. »
Le chauffeur n’est pas très emballé mais s’exécute. Après tout, c’est lui le patron. Il va s’asseoir à la place du chef de l’église catholique et le pape s’installe tout content derrière le volant.
Evidemment, il prend un plaisir à s’en damner. Il met les gaz, s’offre une petite pointe, vite fait, tranquille. Mais ça ne manque pas. Le pape est flashé. Les motards le prennent en chasse et l’obligent à se ranger.

L’un d’eux s’approche : « Coupez le moteur, M’sieur, et montrez-moi vos papiers. Non mais vous vous prenez pour qui ?! Allez, hop hop hop !» Le conducteur baisse la vitre et ce que voit le motard le sonne littéralement. Il se frotte les yeux, regarde à nouveau le chauffard, se refrotte les yeux et prend son portable : « Allo chef, on a un problème. On a flashé une grosse américaine sur la départementale 17.
-         Bah retire le permis au chauffeur bougre d’âne et fais-le rentrer à pied. Et si ça ne lui convient pas, tu le colles au trou.
-         Vous ne comprenez pas chef, c’est quelqu’un de très important. Olala… Très très important.
-         Quoi ?! C’est un député ?!
-         Non chef. Quelqu’un de bien plus important. Olala…
-         Rassure-moi, ce n’est tout de même pas un ministre.
-         Non, ce n’est pas un ministre mais je ne peux pas vous rassurer : c’est quelqu’un d’encore plus important. Olala…
-         T’es en train de me dire que vous avez arrêté le Premier ministre ?
-         Non, encore plus important…
-         Ne me dis pas que c’est le Président !
-         Non chef, encore plus important. Olala…
-         Mais tu vas me dire qui c’est bougre d’âne ?!
-         Ecoutez chef, je ne sais pas qui c’est. Mais il doit être vachement important parce que son chauffeur, c’est le pape. »

12 février 2008 - Lire la suite Tags: none

But du pied nu

11 février 2008 - Lire la suite Tags: none

Chercher (traquer) le garçon

Parlons peu, parlons fait de société. Après avoir pleuré leurs Lions éliminés de la CAN, les Sénégalais ont trouvé matière à détourner leurs mornes pensées dans la haine homophobe.
Le point d’impact : les pages d’un magazine people qui a publié la semaine dernière les photos d’un pseudo mariage homosexuel. Rien d’officieusement officiel, juste deux hommes qui se passent la bague au doigt dans un resto. Même pas de maire, même pas ma mère, juste des amis et un paparazzo pour voler les images de l’heureux événement.
Le couple a été interpellé et placé en garde à vue. Le délit d’homosexualité, puni par la loi au Sénégal, est passible d’un à cinq ans d’emprisonnement. Vraisemblablement, la loi essaie d’avoir la main légère en la matière. Sinon, ça ne fait pas très pays développé. Il a été relâché après quatre jours de lune de miel à l’ombre.

La presse, les religieux et l’opinion montent depuis au créneau dans un déchaînement de haine qui fait peine à voir. Les mots « pédés » et « Gordjiguènes » (le même mais en wolof) sont employés à tour de bras dans les canards. Les imams doivent cet après-midi s’emparer de la question dans les mosquées. On entend à s’en faire péter les tympans que le Coran dénonce les coucheries entre personne de même sexe mais on trouve de bon ton d’oublier que le Sénégal est un état laïc. Un mouvement politique doit organiser « une marche de protestation contre la dépravation des mœurs qui s’est encore illustrée à travers le mariage d’homosexuels ». Le mouvement en question mené par un député alimente les rumeurs. Selon lui, « les inculpés ont été libérés parce qu’ils auraient promis des déballages à l’encontre d’homosexuels tapis dans les sphères des pouvoirs politiques, judiciaires et économiques de notre pays. » Tu m’en diras tant… Poursuivons la lecture du communiqué. « Cela rappelle fort bien ce qui se passe sous d’autres cieux : si le mariage homosexuel est accepté en Europe c’est bien du fait de pressions d’homosexuels haut placés. Serait-ce le cas chez nous ? »
Ca y est, la chasse aux sorcières est ouverte. Il faut faire tomber le complot homo-maçonnique animé par des gens de pouvoir, aux doigts crochus et aux cheveux peroxydés, qui – pour reprendre les rares lignes que j’ai trouvées dénonçant au travers de l’ironie cette homophobie virulente* :
A. Vise à miner la pureté des moeurs de notre pays, le bénéficiaire de cette stratégie étant un pays voisin (à choisir en fonction des besoins ou des opportunités).
B. Est responsable de la mauvaise saison agricole et de la défaite des lions à la CAN. Dieu punit les pays qui ne punissent pas sévèrement cette pratique.
C. Est toujours relié à d’autres groupes subversifs. Au choix, selon besoin : communistes, francs-maçons, lobby juif international…
D. Fait toujours partie d’un complot international plus vaste anti-nous et/ou anti-notre-religion et/ou anti-notre-culture-que-tout-le-monde-nous-envie…

Dans la rue, le discours est au « tout fout le camp ». Un jeune me confiait : « Si ça ne tenait qu’à moi, je les rassemblerais tous et je les tuerais. » J’ai la désagréable impression que l’idée serait très majoritairement appréciée. Le soleil tapait et j’avais froid dans le dos. Il y a craindre que dans les jours qui viennent, plutôt que de casser les préjugés, on préférera casser du pédé.

* http://www.blogs-afrique.info/senegal-politique/index.php/

8 février 2008 - Lire la suite Tags: none

Coupe afro

7 février 2008 - Lire la suite Tags: none

Une affaire qui roule

J’ai fait ma BA. Je suis rentré au Sénégal avec un sac de sport rempli d’affaires de foot (merci Papa), sans trop savoir à qui les remettre. En soit, rien de bien compliqué (malheureusement d’une certaine façon). En partageant cette info à droite à gauche, j’ai rapidement mis la main sur la personne à même de m’aider. Mme Ndiaye, prof d’anglais à l’institut. Toujours souriante, aussi gentille que bavarde, intéressante. Elle a été amenée dans sa carrière à enseigner aux Etats-Unis et au Japon. 
-         « Thomas, on m’a dit que tu avais des affaires à donner. On va voir ça ensemble. Surtout, n’en parle à personne d’autres ! », me dit-elle sur le parvis de l’institut. Elle lâche ça sans ambages, comme si l’affaire était déjà pliée, ce qui me déconcerte un tantinet. En fait, elle ne fait qu’employer le parler typiquement sénégalais : le wolof est fait d’impératif. On ne dit pas : « Excusez mon outrecuidance Madame mais auriez-vous l’obligeance autant que l’amabilité, s’il vous plaît, de me passer la carafe se tenant près de vous. Veuillez accepter mes remerciements par avance. » Non, en wolof, on dit : « Passe-moi l’eau ! » (May ma ndor)
-         « Euh oui… enfin avant faut voir. J’aimerais bien savoir à qui elles vont revenir ces affaires. Comprenez, je veux qu’elles profitent à des jeunes qui en ont vraiment, mais vraiment, besoin.»
-         « Alors pour ça, ne t’inquiète surtout pas. Les jeunes de mon quartier en ont vraiment, mais vraiment besoin. Ils seront vraiment, mais vraiment contents. On va organiser un match en ton honneur.»
Je refuse obstinément : « Olala, j’aurais mieux fait de ne pas te le dire. » Et puis quoi encore…

Rendez-vous est donc donné chez elle vendredi soir. Accueillante, souriante, elle me tend une feuille arrachée d’un cahier grand carreau. Dessus, une longue liste de noms. Mme Ndiaye a pris ma requête au sens littéral : elle m’indique PRECISEMENT  à qui les affaires vont revenir. Ainsi, je sais qu’une bonne vingtaine de shorts, six bas de survêts, quatre sweets, une dizaine de tee-shirts et polos, une bonne douzaine de paires de chaussettes ainsi que deux casquettes ont été remis à Omar Sambou, Issa Sambou, Youba K. Sambou, Souhaibou Sambou, Jean-Michel Sambou, Karafa Coly, Christian Goudiaby, Amath Coly, Jean B. Thiaw, Ibrahima Bodian, Patrice Badji, Ousmane Ndiaye, Vincent Diedhiou, Alioune Badara Diop, Keba Senghor, Djibril B. S. Sarr, Ibrahima Sarr, Ibrahima Sonko, Saloum Sonko, Ibrahima Diedhiou, Landing Diedhiou, Daouda Diedhiou, Mamadou L. Diedhiou, Martin A. Dione, Mohamadoune M. Thiam, Mamadou M. Sall, Abdoulaye Watt, Thierno Thiam, Moustapha Ba et Zeini Watt, membres de l’équipe locale Association Mbour United. Ils ont entre 15 et 19 ans.

Elle envoie son fils chercher les récipiendaires. J’espérais faire la remise discrètement, entre deux portes. Les deux tiers de l’équipe débarquent. Je le savais mais j’ai pu observer encore une fois que les Sénégalais portaient un goût des cérémonies au moins égal à celui de la conduite anarchique. Alors même pour ce rendez-vous informel, nous voilà à discourir, en pleine nuit, dans la cour de la maison de Mme Ndiaye, non loin de la semoule en train de cuire. Le coach, chaussé de petites lunettes qui lui donnent des airs d’instituteur, prend la parole. Il me remercie en cinq minutes. Finalement, il a fait court. Je dois prendre la parole. Je me contente de dire que j’aurai aimé faire tellement plus, que ce n’est guère plus qu’un coup de pouce. Ca dure 30 secondes. Pas de doute que ça leur sera utile. Je suis prêt à parier que les trois-quarts du Mbour United jouent avec des sandales en plastique blanc.

Tous me serrent la main. Une photo, clic-clac, on s’échange les numéros pour que j’aille les voir s’entraîner, à la prochaine ! Alors qu’ils quittent la maison, Mme Ndiaye me glisse : « Ce sont des Diolas (l’ethnie originaire de Casamance, ndlr). Ils ont un vrai sens de la solidarité. Tu peux être certain que personne ne sera lésé. » Je suis content. Vraiment, mais vraiment content.
 

5 février 2008 - Lire la suite Tags: none

Le conseil du coach : de la percussion dans le jeu

3 février 2008 - Lire la suite Tags: none

Le Sénégal n’est pas en CAN

En tout cas, il ne l’est plus. Officiellement depuis hier, officieusement depuis dimanche. Les Lions sont partis au Ghana avec le doux rêve de soulever le trophée le plus prestigieux du continent pour la première fois de leur histoire. En deux matchs, le sort de la sélection sénégalaise a été plié : éliminée avant même de sortir des phases de poules. Au mieux recevront-ils de quoi faire une ratatouille en atterrissant à Dakar. La soupe à la grimace, elle, a déjà été servie. Il faut croire qu’elle manquait de goût : des joueurs ont – oups - renverser la salière : ils ont été surpris en boîte deux jours avant le dernier match qu’ils devaient gagner par trois buts d’écart pour avoir l’ombre d’une chance de se qualifier. Un ultime bras d’honneur aux supporters avant de rentrer, ça ne peut que susciter l’amitié au pays de l’hospitalité.

Dans la presse et dans la rue, l’équipe est étrillée à la hauteur de la déception suscitée. Certains héritent d’une croix plus lourde que d’autres. Roulement de tambour. Le trio perdant côté sénégalais est :

  1. Le sélectionneur déchu Henri Kasperczack. La tête du Polonais est tombée avant même la fin de la compétition. Il a démissionné quelques heures après la défaite contre l’Angola réduisant les chances de se qualifier à peau de chagrin. Personne n’est allé le regretter. Lui explique être parti pour faire naître un sursaut d’orgueil chez les joueurs. L’histoire ne lui pas donné raison (dernier match, hier, contre l’Afrique du Sud : 1-1). Quelques-uns lui reprochent d’avoir fait preuve de lâcheté. D’autres le disent victime d’un terrain miné.
  2. Le capitaine El Hadji Diouf, amoureux du verbe, qui traite ses collègues de « Gordjiguènes » dans les vestiaires, autrement dit « pédés »,  au terme du match de dimanche où il a une nouvelle fois était inexistant. L’un des surpris en boîte de nuit et des punis hier (privé de jouer, non mais).
  3. Le gardien de but Tony Sylva, compagnon de sortie de Diouf (et par conséquence de tribune hier), dont les joues de hamster témoignent d’un abus de thiéboudien. Surnommé « Père Noël » par la presse sénégalaise pour les cadeaux fréquents qu’il a pu offrir aux équipes adverses.


Ce qu’ils disent (ceux qui se désintéressent du foot ont l’autorisation exceptionnelle de passer au dernier paragraphe) :

Noël Tosi, ancien professionnel, consultant pour des médias français (www.football365.fr) :
« En mettant un staff technique avec derrière un « Iznogood » n’ayant qu’une seule envie : devenir calife à la place du calife, ils ont déjà hypothéqué leurs chances d’avoir un bon staff technique. Je parle évidemment là de Lamine N’Diaye. Il était uniquement là car il souhaitait devenir sélectionneur du Sénégal, ce qu’il est depuis dimanche soir. Il a aujourd’hui ce qu’il veut… A la dernière CAN autour de Sarr et d’Amara Traoré, le Sénégal avait été bon, car on avait mis à la tête du Sénégal des sélectionneurs sénégalais. Est-ce qu’il y a plus d’adhésion par rapport aux gens du pays ? Peut-être. Ils vont aussi être un peu moins obligés de faire appel aux joueurs sénégalais jouant en Europe, car il y en a un peu moins de qualité et ils sont vieillissants. El-Hadji Diouf ? Pourquoi pas Pape Diouf aussi, tant qu’ils y sont ? A moins qu’il n’y ait ce sursaut d’orgueil autour de ce nouveau sélectionneur Lamine N’Diaye, ils ne passeront pas. Je n’y croyais pas du tout et ça se confirme. Ils ont un des plus beaux effectifs de la CAN c’est vrai, mais il n’y a pas d’équipe, pas d’âme et la politique sportive est défaillante. Depuis qu’il n’y a plus de championnat au Sénégal, on va chercher des joueurs qui ont environ entre 30 et 35 ans CFA, c’est-à-dire qui sont encore plus vieux que ce que l’on croit. »

NdT (Note de Thomas) : tout le monde au Sénégal s’accorde à dire que Diouf a dépassé les 35 ans. Sur le papier, il en a 27.

La presse (rewmi.com), concernant la sortie de Diouf, Silva et Henri Camara au Vienna City « une boîte de nuit à putes » dixit le chapo, deux jours avant le match contre l’Afrique du Sud :
« Surpris en belle compagnie avec de l’alcool coulant à flot par le photographe du quotidien L’Observateur, Doucouré, qui a voulu immortaliser de telles images, réflexe professionnel oblige, ils seront au centre d’un spectacle indigne d’eux. Certes, ils ne s’en sont pas pris violemment au reporter photo, mais l’ami d’El Hadj Diouf, Titi Camara, l’a fait pour eux. C’est ainsi qu’il s’est battu comme un chiffonnier avec Doucouré qu’il voulait empêcher de faire son travail.
Pourtant, on disait d’El Hadj Diouf qu’il s’était assagi depuis qu’il porte le brassard de capitaine. Et on s’attendait à un autre comportement de sa part alors que l’équipe du Sénégal est si près de l’élimination dès le premier tour de la phase finale de la Can, ce qui ne lui était plus arrivé depuis Caire 86, c’est-à-dire vingt-six ans. Seulement voilà : l’habitude est une seconde nature chez le capitaine des ‘Lions’. Plutôt que de faire des exploits sur les pelouses ghanéennes, c’est dans les boîtes de nuit qu’il montre le mieux son talent. Quant à Tony Mario Sylva, on comprend mieux pourquoi il est si transparent et en si petite forme durant cette Can. Et dire que l’Etat du Sénégal a mobilisé 2 milliards de francs Cfa sur l’argent des contribuables pour mettre de tels individus dans les meilleures conditions de performance sur le terrain. Mais leur terrain de prédilection, ce sont les boîtes de nuit et les bars.»


Réactions d’internautes :
- Iugos : « diouf se fiche de republique. il traite ses camarades de pede apres il comporte comme tel.il n merite pas d’etre le capitaine de notre equipe. tony malheur a lui.le deuxieme but de la tunisie c’est lui.le deuxieme but contre l’angola c’est lui qui a relace la balle. ce sont ces 2 cons qui maintenant s font la belle dans les boites de nuit a pute. ils n’en ont que foutre de la chagrin de ce peuple martyrise par ses chers lions. il est temps qu’on passe le relais aux jeunes joueurs.les diouf, bouba ,tony c’est du passe. que l’equipe rentre . »

Parce qu’il n’y a pas de raison que seuls les joueurs trinquent :
- Vieux : « Cest à se demander s’ils sont pas des voyeurs, ces petits pisse-copies! Ils boivent, se torchent des joints, sautent les pétasses, touchent des backsich sous forme de perdiems mais ne relatent que les conneries des autres! Arretez docn de données pomper l’oxygene avec de l’accesoire! Des quilsont une plume ou un micro, ils se voient insvetis dune mission de professeur de morale! Foutez la paix a Diouf et tous les autres, commencer par asssainir votre foutue corporation de corrompus et revisitez vos cours de francais! »

NdT : je me suis fait pipi dessus.

1 février 2008 - Lire la suite Tags: none
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