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du Journal SUD OUEST

Les Lionceaux de la Teranga
Le Sénégal depuis l’institut Diambars, centre de formation de jeunes footballeurs

Jour de fête

C’est jour de fête ce 4 avril. Fête nationale. 48 ans d’indépendance. Pour arroser  cette « totale » émancipation de presqu’un demi-siècle : un grand défilé sur le boulevard… Charles de Gaulle.

Ce ne serait pas le nom d’un chef d’Etat du pays colonisateur ? Non, je confonds avec le porte-avions… J’ironise parce que je suis mauvaise langue. Alors que l’on pourrait très bien prendre la chose à l’envers. Après tout, c’est la présidence gaullienne qui a entériné la décolonisation. Il méritait bien sa plaque sur l’une des grandes artères de la capitale ce brave homme.

 

Il a été choisi pour thème de cette grande journée : « Jeunesse, Défense et Sécurité ». L’année prochaine, les hommes de la primature proposeront certainement « Parité, Démocratie et Thiéboudien ». J’ironise parce que je suis mauvaise langue. Sinon, le cortège comptait dans ses rangs les premières femmes en treillis du pays. Les Diambars auraient également dû en être. Finalement, non… Je n’en connais pas la raison. Je suppose que Saër a préféré laisser les jeunes profiter pleinement de leurs vacances.

 

Quoi qu’il en soit, c’est le président Wade qui a dû apprécier. Cela le change des défilés de mécontents. Les produits de consommation courante – notamment le riz et le pain – augmentent de manière inquiétante. Dimanche dernier, la police a réprimé assez violemment une manifestation contre la faim. Et parce qu’il aime l’indépendance, surtout celle de la presse, le Vieux a envoyé ses sbires dans les locaux de la chaîne privée Walf TV pour faire suspendre le direct relatant l’événement. C’était une première pour une chaîne sénégalaise…

 

Il a rappelé hier lors de son allocution télévisée que l’objectif du Sénégal était d’assurer son autonomie dans le domaine agricole : « Tel est le sens du programme national d’autosuffisance en riz à l’horizon 2015. Il faut reconnaître qu’il y a eu des retards dans la mise en oeuvre de ce programme que j’avais formulé déjà depuis deux ans. » Au moins je le rejoins sur ce point. Pas sûr que mon avis l’intéresse.

 

Il en également profité pour régler ses comptes avec le monde enseignant affecté par une crise profonde. L’année est piquée comme un emmental (j’ai envie de fromage) de grèves. Si depuis la rentrée, les élèves du public comptent trois mois de cours, c’est un grand max. A Diambars, établissement privé, les profs ont toujours répondu à l’appel et donc assurent une scolarité normale aux élèves. Mais on commence tout de même à se ronger les ongles. On craint en effet que, face une telle situation, l’Education nationale décide d’annuler les examens de fin d’année. Ce serait sérieusement problématique si nos Diambars ne pouvaient passer le bac et le brevet. Dont’ worry, be happy, c’est jour de fête.

 

D’ailleurs, Wade, il est content, lui… Dans son allocution d’hier, il a présenté l’OCI comme un succès « sur tous les plans » : « Vous avez prié individuellement et collectivement. Certains ont même offert spontanément leur service, pour la réussite du sommet. J’ai été particulièrement touché par cette mobilisation exceptionnelle. » Des gens qui prient gratuitement, que demande le peuple ? Ah ça, il peut sourire. Ma remarque peut sembler absurde mais il faut savoir que le président a lâché 100 millions de francs CFA et une centaine de passeports diplomatiques en échange de prières pour le bon déroulement de l’OCI. Voici résumé la complexité de la laïcité au Sénégal… Mais j’ironise parce que je suis mauvaise langue.

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