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Un BLOG de la Rédaction
du Journal SUD OUEST

Les Lionceaux de la Teranga
Le Sénégal depuis l’institut Diambars, centre de formation de jeunes footballeurs

Archive du avril 2008

Fête du chiffre !

La première chose que j’ai envie de vous dire aujourd’hui, c’est que je vais devenir tonton. Ca n’a rien à voir avec Diambars, rien à voir avec le football, rien à voir avec le Sénégal qui gagne et c’est comme ça. J’ai une grosse pensée pour Julien et Pascale et surtout, à mon futur neveu ou future nièce à qui je laisse une douzaine d’années pour devenir plus mature que moi.

 

La deuxième nouvelle, c’est qu’il s’agit là du centième message posté sur ce forum, textes et photos confondus. Nous qui aimons penser la vie en étapes, en voilà, une nouvelle, une petite, qui à son niveau amène petit bilan et petite remise en question. En résumé, je prends beaucoup de plaisir à cogiter, à me demander ce qui pourrait vous intéresser et comment vous les raconter.

Aux 100 posts, il faut ajouter 40 questions du toubab. S’il y a parmi nous des amateurs de Sudoku, ils seront ravis d’apprendre que ce blog est passé de 2 624 clics au premier mois de création (octobre) à 7 383 au dernier recensement, au mois de mars. Sur six mois, la progression est constante, exception faite de février marqué par un léger recul. Il y a toutefois un bémol : 238 commentaires. C’EST BIEN TROP PEU. EXPRIMEZ-VOUS !

 

Le post le plus lu : celui retraçant ma première intervention en classe plombée par les coupures inopinées. Il est suivi par les aventures de Thierry au milieu des belles de Saly. Mésaventures et sexe demeurent des valeurs sures. C’est bon à savoir pour les mois difficiles. Mais des mois, il ne m’en reste que trois. Ce blog ne dure que le temps d’une grossesse et allez savoir pourquoi, j’ai envie d’une nièce.

9 avril 2008 - Lire la suite Tags: none

“Eh mec, tu te plantes. C’est pas par là La Mecque.”

8 avril 2008 - Lire la suite Tags: none

Europe 1, coupe afro et hôtel Diambars

Europe 1, samedi midi, en direct de Diambars. Tout est dit… Allez, un petit effort pour en dire plus. Le samedi 12 avril donc, Pierre-Louis Basse tiendra son émission « Faites comme chez vous », de midi à 14 heures, en direct de l’institut, ce qui est drôlement classe.

 

Pierre-Louis Basse est un feu follet du monde radiophonique. En trois briques : polyvalent, percutant, rentre-dedans. Il a dans le ton des airs d’Yves Calvi. J’aime beaucoup. Il se partage entre une émission le lundi soir sur le foot, deux émissions d’actu le samedi et dimanche midi et l’écriture de romans. Du moins pour ce que j’en sais. Il avait par le passé sollicité Jimmy pour réaliser une émission depuis Saly. Passionné de foot autant que de faits de société, Diambars pouvait légitimement titiller sa curiosité. Jimmy l’a relancé il y a quelques semaines. En moins de temps qu’il n’en faut pour transpirer sous le soleil sénégalais, l’affaire était pliée.

 

Ici, on cherche une salle qui ne raisonne pas trop, on se dit qu’il faudrait tout de même penser à un groupe électrogène, on se demande quels jeunes seraient pertinents au micro. D’ailleurs, des jeunes, il faudra en récupérer quelques pelletées. C’est toujours les vacances, ils sont sensés rentrer dimanche soir. La tuile… Ce n’est pas très grave : on fera un crochet par Mbour et Rufisque pas trop loin, il y a une quinzaine de jeunes footballeurs là-bas qui sacrifieront volontiers une demi-journée pour assister à l’événement. Mouais… Mais c’est magique la radio, une fois sur place, ils vont adorer.

 

Ils pourront même s’y mettre, dès la rentrée. Ludwig, responsable de la classe multimédia, est revenu la semaine dernière avec dans ses bagages du matos radio. C’est tout simple : un micro et un enregistreur. Pile poil ce qu’il faut pour se régaler. Simple et sacrément efficace. Rien que l’enregistreur va les appâter. La bonnette donne une coupe afro à l’enregistreur. On aurait presqu’envie de lui faire fabriquer des petites lunettes de soleil et une grosse chaîne de rappeur.  Ca les ferait marrer. Au moins Mame Bak, fou de montage.

 

Celui-ci, élève de la classe multimédia, défenseur, jongleur de talent (avec les pieds, les mains et les logiciels de montage) et membre éminent de la Say-say connexion a fait profiter le centre de son bagou terrible ce week-end. Le malin, originaire de Diourbel – une centaine de kilomètres plus au Nord -, a débarqué aux alentours de minuit, samedi, à l’institut, accompagné d’un copain. Peur de rien : il raconte être venu faire un travail de montage que je lui aurais commandé. Cela surprend. On m’appelle, j’apprends la nouvelle alors que je fais travailler mon coude au troquet, rentre en vitesse et il faut le dire, un brin éméché. Je lui serre longuement la main, le sachant aussi studieux que moi en ce soir de beuverie :

Moi : Je ne t’ai jamais demandé de revenir travailler pendant les vacances.

Lui : Mince, on ne s’est pas compris.

Moi : Tu parles ! Tu veux que je te dise ? Tu es venu à Mbour voir ta copine et tu es venu à l’hôtel Diambars passer la nuit.

Lui (il sourit) : Noooon, je suis venu pour travailler.

Moi : Tu veux travailler ? OK, je vais te montrer le montage que j’ai réalisé avec tes images en attendant que toi tu fasses le tien. On avait dit que tu le ferais à ton retour, mais si tu veux le faire maintenant…

Il regarde, en silence, la vidéo dévoilant la réalisation des terrains synthétiques en ligne sur diambars.org*. Je lui dis : « Alors, tu fais quoi ? Tu travailles demain ? » - « Non mais c’est génial ce que tu as fait, je pourrais pas faire mieux, je crois que je vais rentrer demain. »

 

Le lendemain, il a repris la route après le déjeuner, non sans avoir emmagasiné une dose de chambrage de ma part à lui faire regretter son petit mensonge. Comme si Iba, le maître des lieux en cette période de stand-by, allait le laisser passer la nuit dans les champs de moustiques et de serpents… Il faudra tout de même que je le remercie à son retour. Je crois qu’il m’a fait plus rire que la coupe afro de l’enregistreur.

 

L’émission sur Europe, l’arrivée du matériel radio pour les élèves, l’un d’eux qui nous fait le sketch de l’élève studieux… Ce post un peu fourre-tout a des airs de joyeux bordel. On dirait un plat sénégalais.

 

* Pour ceux qui veulent apprendre à faire un terrain synthétique, c’est par là le mode d’emploi : 

Installez le plugin Flash pour voir l'animation : Cliquez ici pour le télécharger

7 avril 2008 - Lire la suite Tags: none

(L)a table, les enfants !

6 avril 2008 - Lire la suite Tags: none

Jour de fête

C’est jour de fête ce 4 avril. Fête nationale. 48 ans d’indépendance. Pour arroser  cette « totale » émancipation de presqu’un demi-siècle : un grand défilé sur le boulevard… Charles de Gaulle.

Ce ne serait pas le nom d’un chef d’Etat du pays colonisateur ? Non, je confonds avec le porte-avions… J’ironise parce que je suis mauvaise langue. Alors que l’on pourrait très bien prendre la chose à l’envers. Après tout, c’est la présidence gaullienne qui a entériné la décolonisation. Il méritait bien sa plaque sur l’une des grandes artères de la capitale ce brave homme.

 

Il a été choisi pour thème de cette grande journée : « Jeunesse, Défense et Sécurité ». L’année prochaine, les hommes de la primature proposeront certainement « Parité, Démocratie et Thiéboudien ». J’ironise parce que je suis mauvaise langue. Sinon, le cortège comptait dans ses rangs les premières femmes en treillis du pays. Les Diambars auraient également dû en être. Finalement, non… Je n’en connais pas la raison. Je suppose que Saër a préféré laisser les jeunes profiter pleinement de leurs vacances.

 

Quoi qu’il en soit, c’est le président Wade qui a dû apprécier. Cela le change des défilés de mécontents. Les produits de consommation courante – notamment le riz et le pain – augmentent de manière inquiétante. Dimanche dernier, la police a réprimé assez violemment une manifestation contre la faim. Et parce qu’il aime l’indépendance, surtout celle de la presse, le Vieux a envoyé ses sbires dans les locaux de la chaîne privée Walf TV pour faire suspendre le direct relatant l’événement. C’était une première pour une chaîne sénégalaise…

 

Il a rappelé hier lors de son allocution télévisée que l’objectif du Sénégal était d’assurer son autonomie dans le domaine agricole : « Tel est le sens du programme national d’autosuffisance en riz à l’horizon 2015. Il faut reconnaître qu’il y a eu des retards dans la mise en oeuvre de ce programme que j’avais formulé déjà depuis deux ans. » Au moins je le rejoins sur ce point. Pas sûr que mon avis l’intéresse.

 

Il en également profité pour régler ses comptes avec le monde enseignant affecté par une crise profonde. L’année est piquée comme un emmental (j’ai envie de fromage) de grèves. Si depuis la rentrée, les élèves du public comptent trois mois de cours, c’est un grand max. A Diambars, établissement privé, les profs ont toujours répondu à l’appel et donc assurent une scolarité normale aux élèves. Mais on commence tout de même à se ronger les ongles. On craint en effet que, face une telle situation, l’Education nationale décide d’annuler les examens de fin d’année. Ce serait sérieusement problématique si nos Diambars ne pouvaient passer le bac et le brevet. Dont’ worry, be happy, c’est jour de fête.

 

D’ailleurs, Wade, il est content, lui… Dans son allocution d’hier, il a présenté l’OCI comme un succès « sur tous les plans » : « Vous avez prié individuellement et collectivement. Certains ont même offert spontanément leur service, pour la réussite du sommet. J’ai été particulièrement touché par cette mobilisation exceptionnelle. » Des gens qui prient gratuitement, que demande le peuple ? Ah ça, il peut sourire. Ma remarque peut sembler absurde mais il faut savoir que le président a lâché 100 millions de francs CFA et une centaine de passeports diplomatiques en échange de prières pour le bon déroulement de l’OCI. Voici résumé la complexité de la laïcité au Sénégal… Mais j’ironise parce que je suis mauvaise langue.

4 avril 2008 - Lire la suite Tags: none

Fin du brouillard, début du billard

1 avril 2008 - Lire la suite Tags: none

Tranche de vie / Viens boire un petit coup à la prison

Hier, dans le quotidien « le Soleil » :

 

Ivre-mort, il confond la maison familiale et… la prison

 

Il devait être profondément dans les vignes du seigneur, le sieur Ousseynou Keïta. En voilà un adepte de la bouteille qui perd tous ses repères une fois ivre. Croyant rentrer chez lui pour dormir enfin, il s’est affalé devant la prison de Thiès pour roupiller à poings fermés. Son réveil a été brutal.

 

Ousseynou Keïta, un jeune homme habitant la ville de Mbour, comparaissait l’autre jour au tribunal régional de Thiès, pour ivresse manifeste et rébellion à agent dans l’exercice de ses fonctions. Le prévenu, fils d’un garde pénitentiaire en service à la maison d’arrêt de la même localité, avait totalement perdu le nord après une nuit bien arrosée en ville. Le bonhomme a certainement confondu la demeure familiale et la prison. C’est pourquoi il est allé se coucher devant le portail de la citadelle du silence pour roupiller. Ce sont ses ronflements qui avaient tout l’air d’un moteur en panne qui ont attiré l’attention d’un gardien de prison. Prié de quitter les lieux, Ousseynou opposa un niet catégorique et fit savoir à ce dernier qu’il était bien chez lui.

Le garde pénitentiaire eut beau tenté de le ramener à de meilleurs sentiments, mais rien n’y fit. Qui plus est, le disciple de Bacchus décida d’en découdre avec lui, le traitant de surcroît de poule mouillée. Non content de tout cela, il fonça sur l’agent à bras raccourcis. Il faisait encore deux heures du matin. Seulement, la lutte ne dura que 30 minutes et l’énergumène fut maîtrisé par les autres collègues de son antagoniste venus à la rescousse. Ousseynou Keïta fut envoyé de force dans une cellule jusqu’au lendemain matin avant d’être mis à la disposition du parquet.

 

A la barre du tribunal de Thiès où il répondait du délit de rébellion à agent dans l’exercice de ses fonctions, le prévenu a indiqué qu’il n’était pas maître de ses actes au moment de la rude empoignade qu’il a eue avec ce dernier. Mieux, il a déclaré qu’il ne se souvient de rien. Mais, ce que le président lui a reproché, c’est surtout son outrecuidance et son incapacité à pouvoir supporter les effets de l’alcool. Ousseynou a tout reconnu et demandé la clémence du tribunal. Selon lui, il était, cette nuit-là, à la recherche d’un certain Issa, chauffeur de taxi de son Etat, qui lui aurait chipé son portable et son argent. Il s’est même demandé ce qui l’a conduit devant le portail de la maison d’arrêt et de correction, alors qu’il loge à quelques mètres de cet endroit, précisément au camp. Le tribunal lui a donné un dernier avertissement et l’a condamné à un mois assorti de sursis.

1 avril 2008 - Lire la suite Tags: none
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