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Un BLOG de la Rédaction
du Journal SUD OUEST

Les Lionceaux de la Teranga
Le Sénégal depuis l’institut Diambars, centre de formation de jeunes footballeurs

Archive pour la catégorie 'Dans la tannière'

Saër fait dans la réparation de fédération

 

Saër, président de l’institut, a été nommé la semaine dernière n°2 du Comité de normalisation du football sénégalais. Cette structure est chargée de remettre de l’ordre dans la fédération. C’est plus qu’une rénovation qu’on lui demande. De toute façon, ne restent que des ruines. Tout est à reconstruire. A l’institut, tout le monde s’accorde à penser que cette promotion fera de Saër, à terme, le futur président de la fédé. Evidemment, ce serait une bonne chose pour Diambars. A mon avis, et cela est dit de manière très subjective (mais très sincère), ce serait une bonne chose pour le foot sénégalais.

 

5 mai 2008 - Lire la suite Tags: none

Sabar à Diambars - la vidéo

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4 mai 2008 - Lire la suite Tags: none

Petite histoire d’eau

Diatta, mon frère béninois, est venu mercredi soir bosser malade. Mal au crâne, frissons, courbatures… On lui a bien proposé un Dafalgan mais Maurice, son collègue catholique éleveur de moustiques (lire post précédent), trouve l’eau bénie bien plus performante. Alors sur son conseil, Diatta, musulman, lui a donné le haut d’une bouteille d’eau minérale coupée en deux. Il l’a remplie au robinet. Maurice a fermé les yeux. Il a psalmodié une prière devant le contenant en équilibre sur le bouchon. Il a porté à ses lèvres la demi-bouteille d’eau Fontaine. Il a bu une gorgée puis a donné le reste à boire au souffrant. Voilà. C’est comme ça que ça se passe.

C’est la sécurité sociale qui serait drôlement contente que la technique – sacrément économique - soit reprise en France. Malheureusement, le lendemain, mon frère béninois est revenu fiévreux, frissonnant, courbaturé. Il a cette fois jugé plus malin de rentrer chez lui. Béni soit-il.

3 mai 2008 - Lire la suite Tags: none

Sept sur sept

J1. Trois toubabs sont arrivés la veille : PE, réalisateur, Clément, ingénieur du son, et Maria, communication. Les deux premiers passeront toute la semaine avec Ludwig, Yves et moi pour bosser en classe multimédia. Maria fait feu follet, tape des images, passe d’un monde à l’autre. Merci à elle pour les photos. Mise en place d’ateliers thématiques : son, montage, vidéo, web et photo. Le dernier est pour moi. C’est quoi un reflex numérique ? Comment ça marche ? Et c’est quoi la vitesse d’obturation ? Et c’est quoi l’ISO ? Ca va d’un pôle à l’autre, ça tourne, ça vit, c’est effervescent. C’est comme un Efferalgan. Ca fait du bien. Mon propos s’affine au fur et à mesure que les groupes se suivent : « Alors, c’est très simple. Votre objectif – oui, je sais c’est de devenir footballeur, vous me l’avez déjà dit mais on ne parle pas de ça -, donc votre objectif d’appareil photo, c’est comme un verre à lumière qu’il faut remplir pour obtenir une image lumineuse. Plus le robinet est important, plus le verre se remplit rapidement… » J’ai dit à mon frère que je ferai aujourd’hui la vidéo pour maman. Elle fête samedi ses 50 ans. Pas le temps.

J2. Le travail se recentre pour ma part sur la nouvelle activité radio de la classe. Je donne un coup de main à Clément pour la réalisation avec les élèves de jingles, virgules et autres. Kara, redresse le buste quand tu parles, Sonko, descends la voix à la fin de ta phrase, Ndiol, ouvre bien grand la bouche, faut que tu articules. Plus tard, mon frère béninois, Diatta, m’apprend que Maria est notre sœur. On explique au nouveau membre de la famille que Maurice, le gardien guinéen, est éleveur de moustiques. Le soir, il vient avec son troupeau au centre. Il le nourrit sur notre dos (nos bras, nos chevilles et autres). Il le ramène au petit matin le ventre plein.

 

J3. Ciné-club Diambars, deuxième. La première fois, c’était dans un établissement scolaire de Mbour. Cette fois, c’est dans un resto dit solidaire de Saly. Au menu : projection de « la Haine » et débat. Je redécouvre ce film. Il est magnifique. Maleye en est. C’est le Franco-sénégalais de Diambars. Fils de Sénégalais, il est né et a grandi dans une barre d’Orléans. Il a intégré le centre il y a trois ans. Au cours du débat, il ne dit rien. Ca l’arrange. Une seule fois on l’interpelle. Il donne alors une réponse en trois phrases et replonge dans sa discrétion. Plus tard, il me raconte des Vince, des qui pète les plombs, des qui veulent exploser le caisson d’un schmit parce que. Il me raconte les émeutes de 2005. Il avait 15 ans. Il en était. Il a des choses à raconter.

J4. Mis en stand-by la veille, le boulot sur les jingles reprend. Faut absolument finaliser aujourd’hui. Kara, redresse le buste quand tu parles, Sonko, descend la voix à la fin de ta phrase, Ndiol, ouvre bien grand la bouche, faut que tu articules. Mon frère appelle. Promis, tu l’auras bientôt le film.

J5. Mon frère me réveille. Je lui raccroche au nez. Formation d’enseignants aujourd’hui et demain. Ce sont les mêmes que la dernière fois (lire ici). Cette fois, la session repose sur la réalisation d’une émission radio. La toute première de Radio Diambars. Clément et moi sommes dessus. Ludwig et PE encadrent une équipe chargée de faire un reportage vidéo sur des enseignants qui font une émission radio. Maria est là pour donner quelques conseils à ceux photographiant ceux qui filment ceux qui font de la radio. Alors, je reprends : je suis en train d’écrire sur ceux qui photographient ceux qui filment ceux qui font de la radio encadrés par moi je… Le serpent se mord la queue. Au fait, le thème : qu’apportent les multimédias dans l’enseignement ? Conf de rédaction, choix et distribution des sujets, premiers reportages, préparation de la présentation avec l’animateur.

 

J6. Formation des enseignants, deuxième. On court après le temps. Il faut reprendre le texte de l’animateur, terminer le montage des reportages, caler le débat. J’ai sommeil, je veux faire la sieste. J’ai 15 minutes pour manger et pas une pour siester. Allo, ma vieille maman ? Bon anniversaire ! L’émission démarre avec 35 minutes de retard, ce n’est pas si mal. Dans le contenu, c’est même pas trop mal. Je découvre les jingles de Clément en direct. Très sympa. L’animateur est plutôt bon, à l’aise. Le débat est hors sujet. On ne va pas en faire une montagne. Ils ont à peine dépassé la durée de l’émission. 33 minutes au lieu de 30. Pour une première, on s’en réjouit. C’était épuisant. C’était excitant. Il faut remettre ça, avec les jeunes cette fois.

J7. Grasse mat, yassa, piscine. PE et Clément repartent. Ils ont donné… Une heure de boulot est prévue chez Yves. Elle se transforme en 3 heures et demi. On va casser la croûte en ville. Et sinon Diambars ? Diambars-ci, Diambars-là, Diambars sur la route du retour, Diambars le cul sur un lit. Notre monde c’est Diambars. Je refais le monde jusqu’à 4 heures du mat’ avec Maria. Elle, portugaise, le fait avec son accent new-yorkais so cute. Moi avec des expressions franco-françaises qu’il faut bien à un moment donné lui expliquer. Je cale le réveil à 7 h 25. J’ai les yeux qui piquent.

28 avril 2008 - Lire la suite Tags: none

Ministère amer

La première fois, c’était branle-bas de combat. Tout le monde sur le pont trois  heures avant. Inspection générale des services : chambres, classes, réfectoire, etc. Et vas-y que je te sors la tenue de soirée en  plein jour, et vas-y que je te dresse une jolie table composée de jolies fleurs et de jolies boissons, et vas-y que je te cache comme je peux le câble moche qui sort du carrelage et que je ne saurais voir. Ce sont les femmes d’entretien qui étaient drôlement contentes. L’occasion leur avait permis de bénéficier de tenues.

 

La ministre du Tourisme, entrée dans l’histoire de Diambars comme la première ministre en activité à visiter l’institut (on attend toujours celui des Sports), s’appelait alors Fatoumata Gassama. C’était tout nouveau, tout beau. Elle n’arrivait pas de Dakar pour les beaux yeux de Diambars. Non. Elle était alors venue lancer la saison touristique et s’offrait un petit détour dans notre humble demeure. Elle est arrivée accompagnée de sa suite, une centaine d’officiels et de journalistes. Elle a serré quelques paluches. Elle a trouvé ça drôlement beau. Elle a fait un petit tour et puis s’en va. Trois mois plus tard, elle était débarquée du gouvernement. Merci d’être venue. A-t-elle seulement eu le temps de présenter un projet ?

 

Pour cette deuxième, mardi dernier, on a compris : est-ce vraiment nécessaire d’investir dans des canettes de Fanta, de faire venir Saër de Dakar et de cacher ce foutu câble que je ne saurais voir ? Encore aurait-il fallu nous laisser le temps de nous poser la question. Le protocole a prévenu le matin pour le matin de la visite ministérielle. Cette fois, la ministre du Tourisme se nomme Aminata Lô Dieng (en photo). Elle est venue découvrir Saly, le centre névralgique de son ministère. Il faut tout recommencer, tout réapprendre au nouveau chef, en attendant qu’elle tombe, victime du prochain remaniement. En huit années de présidence sous l’ère Wade, le nombre de ministres se compte en centaine.

 

On nous dit 10 heures. On nous rappelle à 11 h 30 : ce sera finalement 15 heures. A 17 h 30, une cinquantaine de 4×4 débarque. C’a un goût de déjà vu. Ce n’est plus tellement excitant. Les gendarmes ouvrent le bal en sol mineur, avec sirènes à l’américaine. La visite se fait au pas de course. La ministre trouve ça très beau, très bien, très tout. Comme son prédécesseur, elle est accompagnée d’une suite de sangsues. Elles l’escortent jusque dans le hall mais ne tiennent pas tellement à aller plus loin. Aucune envie de découvrir Diambars. Non mais franchement, est-ce qu’elles sont venues pour ça ? En fait, personne ne sait très bien pourquoi. Le savent-ils eux-mêmes tous ces officiels ? Sagement, ils attendent maîtresse.

 

Pendant que celle-ci court dans les couloirs avec la directrice administrative de l’institut – ce n’est pas tout ça mais il faut vite vite repartir -, je papote avec un Français, photographe, rencontré la première fois. Le genre cynique, complètement désabusé de la politique sénégalaise, le genre qui préfère en rire que de s’en foutre. Le genre toubab quoi. Il m’explique qu’elle voulait venir trois jours, ce week-end. Eh oui, cela aurait été pour Madame l’idéal pour profiter de la suite présidentielle à l’hôtel Palm Beach de Fram. La Sapco (la structure étatique chargée de gérer la station) a rechigné. Trois jours à ce rythme lui auraient coûté 20 millions de francs CFA. On lui a donc expliqué que deux jours en semaine, c’était drôlement mieux : « Ca en coûtera 15 », rigole le toubab. C’est qu’il faut nourrir, loger, déplacer la ministre et sa cour. Dans une société qui a vu le sac de riz doublé en quelques mois, on ne peut plus loger sans mal des cars entiers d’amis et d’amis d’amis dans des hôtels 4 étoiles. Tout fout le camp qu’on vous dit.

 

Avec un peu de chance, peut-être pourrais-je rencontrer la prochaine ministre du Tourisme avant de rentrer. Mais à ce rythme, probablement se contentera-t-on de lui laisser les clefs à l’entrée, accompagnées d’un mot, lui intimant de faire comme chez elle mais surtout de bien refermer en repartant.

20 avril 2008 - Lire la suite Tags: none

“C’était très… toi”

Finies les vacances. Les Diambars sont rentrés hier soir et le centre se prend un bon gros rail de jeunesse. Vendredi est arrivée l’équipe nationale juniors, venue préparer son match en Sierra Léone. Samedi c’était au tour d’une colonie, une quinzaine d’ados, fils et filles d’employés d’Adidas France, et enfin hier, nos jeunes. Tous moins un. L’un d’eux a récemment été circoncis. On lui laisse le temps de remarcher normalement avant de revenir. Il paraît qu’on forme des footballeurs, pas des cow-boys.

 

Europe 1 s’est chargée de sonner le clairon. Très bien. Bernard, Saër et Jean-Luc sont aussi à l’aise devant un micro qu’assis à une terrasse en bord de plage. C’est impressionnant. Ceux qui ont raté l’émission et ma laborieuse - et fort heureusement brève - intervention peuvent les retrouver en cliquant ici. Dans la foulée, j’ai dégusté. Merci les copains (« je t’ai entendu. C’était très… toi », « Un vrai homme politique Thomas. On lui pose une question précise et il répond un truc qui n’a rien à voir. PS : voyant tes progrès flagrants en radio, je te rappelle que ma proposition pour le Berry (le journal local de Bourges, ndT) cet été tient toujours » ou encore « Mais si, mais si, c’était très bien, quand c’est drainé par le football ça rejaillit sur les professeurs. »). Que voulez-vous, j’ai toujours l’impression avant une prise de parole que toutes les ménagères de moins de 50 ans (moins ma mère) arrêtent de respirer, laissent noircir le beurre et pleurer le bébé lorsqu’elles savent Thomas Mankowski sur le point de s’exprimer…


Jimmy a fait un passage éclair jeudi à Saly. Bernard, lui, est resté. En ce moment, l’institut prépare le terrain pour que les jeunes aillent réaliser des tests dans plusieurs clubs français. J’ai retenu les noms de Lyon, Marseille et Lille. Tout ça se précise. J’ai également appris qu’on avait des ambitions d’énarques. Samedi dans l’émission, Saër : « On le dit et on le répète, notre ambition, c’est que les équipes nationales soient squattées par nos jeunes. Mais aussi, je leur dis tous les jours, j’ai envie dans 15 ans, 20 ans, si j’ai un problème à Diambars, de décrocher mon téléphone et d’appeler le président de la République du Sénégal qui serait un ancien Diambars. »

Il va falloir refaire les en-têtes de notre papier à lettre : « Diambars : école de foot, de la vie et de présidents de la République. »

14 avril 2008 - Lire la suite Tags: none

Fête du chiffre !

La première chose que j’ai envie de vous dire aujourd’hui, c’est que je vais devenir tonton. Ca n’a rien à voir avec Diambars, rien à voir avec le football, rien à voir avec le Sénégal qui gagne et c’est comme ça. J’ai une grosse pensée pour Julien et Pascale et surtout, à mon futur neveu ou future nièce à qui je laisse une douzaine d’années pour devenir plus mature que moi.

 

La deuxième nouvelle, c’est qu’il s’agit là du centième message posté sur ce forum, textes et photos confondus. Nous qui aimons penser la vie en étapes, en voilà, une nouvelle, une petite, qui à son niveau amène petit bilan et petite remise en question. En résumé, je prends beaucoup de plaisir à cogiter, à me demander ce qui pourrait vous intéresser et comment vous les raconter.

Aux 100 posts, il faut ajouter 40 questions du toubab. S’il y a parmi nous des amateurs de Sudoku, ils seront ravis d’apprendre que ce blog est passé de 2 624 clics au premier mois de création (octobre) à 7 383 au dernier recensement, au mois de mars. Sur six mois, la progression est constante, exception faite de février marqué par un léger recul. Il y a toutefois un bémol : 238 commentaires. C’EST BIEN TROP PEU. EXPRIMEZ-VOUS !

 

Le post le plus lu : celui retraçant ma première intervention en classe plombée par les coupures inopinées. Il est suivi par les aventures de Thierry au milieu des belles de Saly. Mésaventures et sexe demeurent des valeurs sures. C’est bon à savoir pour les mois difficiles. Mais des mois, il ne m’en reste que trois. Ce blog ne dure que le temps d’une grossesse et allez savoir pourquoi, j’ai envie d’une nièce.

9 avril 2008 - Lire la suite Tags: none

Europe 1, coupe afro et hôtel Diambars

Europe 1, samedi midi, en direct de Diambars. Tout est dit… Allez, un petit effort pour en dire plus. Le samedi 12 avril donc, Pierre-Louis Basse tiendra son émission « Faites comme chez vous », de midi à 14 heures, en direct de l’institut, ce qui est drôlement classe.

 

Pierre-Louis Basse est un feu follet du monde radiophonique. En trois briques : polyvalent, percutant, rentre-dedans. Il a dans le ton des airs d’Yves Calvi. J’aime beaucoup. Il se partage entre une émission le lundi soir sur le foot, deux émissions d’actu le samedi et dimanche midi et l’écriture de romans. Du moins pour ce que j’en sais. Il avait par le passé sollicité Jimmy pour réaliser une émission depuis Saly. Passionné de foot autant que de faits de société, Diambars pouvait légitimement titiller sa curiosité. Jimmy l’a relancé il y a quelques semaines. En moins de temps qu’il n’en faut pour transpirer sous le soleil sénégalais, l’affaire était pliée.

 

Ici, on cherche une salle qui ne raisonne pas trop, on se dit qu’il faudrait tout de même penser à un groupe électrogène, on se demande quels jeunes seraient pertinents au micro. D’ailleurs, des jeunes, il faudra en récupérer quelques pelletées. C’est toujours les vacances, ils sont sensés rentrer dimanche soir. La tuile… Ce n’est pas très grave : on fera un crochet par Mbour et Rufisque pas trop loin, il y a une quinzaine de jeunes footballeurs là-bas qui sacrifieront volontiers une demi-journée pour assister à l’événement. Mouais… Mais c’est magique la radio, une fois sur place, ils vont adorer.

 

Ils pourront même s’y mettre, dès la rentrée. Ludwig, responsable de la classe multimédia, est revenu la semaine dernière avec dans ses bagages du matos radio. C’est tout simple : un micro et un enregistreur. Pile poil ce qu’il faut pour se régaler. Simple et sacrément efficace. Rien que l’enregistreur va les appâter. La bonnette donne une coupe afro à l’enregistreur. On aurait presqu’envie de lui faire fabriquer des petites lunettes de soleil et une grosse chaîne de rappeur.  Ca les ferait marrer. Au moins Mame Bak, fou de montage.

 

Celui-ci, élève de la classe multimédia, défenseur, jongleur de talent (avec les pieds, les mains et les logiciels de montage) et membre éminent de la Say-say connexion a fait profiter le centre de son bagou terrible ce week-end. Le malin, originaire de Diourbel – une centaine de kilomètres plus au Nord -, a débarqué aux alentours de minuit, samedi, à l’institut, accompagné d’un copain. Peur de rien : il raconte être venu faire un travail de montage que je lui aurais commandé. Cela surprend. On m’appelle, j’apprends la nouvelle alors que je fais travailler mon coude au troquet, rentre en vitesse et il faut le dire, un brin éméché. Je lui serre longuement la main, le sachant aussi studieux que moi en ce soir de beuverie :

Moi : Je ne t’ai jamais demandé de revenir travailler pendant les vacances.

Lui : Mince, on ne s’est pas compris.

Moi : Tu parles ! Tu veux que je te dise ? Tu es venu à Mbour voir ta copine et tu es venu à l’hôtel Diambars passer la nuit.

Lui (il sourit) : Noooon, je suis venu pour travailler.

Moi : Tu veux travailler ? OK, je vais te montrer le montage que j’ai réalisé avec tes images en attendant que toi tu fasses le tien. On avait dit que tu le ferais à ton retour, mais si tu veux le faire maintenant…

Il regarde, en silence, la vidéo dévoilant la réalisation des terrains synthétiques en ligne sur diambars.org*. Je lui dis : « Alors, tu fais quoi ? Tu travailles demain ? » - « Non mais c’est génial ce que tu as fait, je pourrais pas faire mieux, je crois que je vais rentrer demain. »

 

Le lendemain, il a repris la route après le déjeuner, non sans avoir emmagasiné une dose de chambrage de ma part à lui faire regretter son petit mensonge. Comme si Iba, le maître des lieux en cette période de stand-by, allait le laisser passer la nuit dans les champs de moustiques et de serpents… Il faudra tout de même que je le remercie à son retour. Je crois qu’il m’a fait plus rire que la coupe afro de l’enregistreur.

 

L’émission sur Europe, l’arrivée du matériel radio pour les élèves, l’un d’eux qui nous fait le sketch de l’élève studieux… Ce post un peu fourre-tout a des airs de joyeux bordel. On dirait un plat sénégalais.

 

* Pour ceux qui veulent apprendre à faire un terrain synthétique, c’est par là le mode d’emploi : 

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7 avril 2008 - Lire la suite Tags: none

Bon vent !

La semaine a été traversée par un souffle d’impatience. C’est toujours ainsi avant les vacances. Les jeunes piétinent. Ils sont excités. Une vraie colonie de puces. Globalement, ils sont plus enthousiastes et rieurs qu’à l’accoutumée. Mais c’est généralement dans ces instants de relâchement que les quelques dérapages se produisent. Oh, jamais rien de bien méchant. C’est par exemple la quasi-totalité de la classe multimédia surprise mercredi en train de tchater au lieu de mener des recherches en cours d’histoire ou ce fait d’arme la veille des précédentes vacances (en décembre) : quelques-uns avaient prétexté un achat à la station essence pour filer à la sénégalaise faire la fête. La course leur avait pris 3 heures. Forcément, cela s’était remarqué…

 

Quoi qu’il en soit, restent les matchs du week-end pour mettre fin à ce chapitre. Les derniers seront au plus tard les fesses sur les nattes familiales lundi. Ils ne demandent que ça, globalement, ils sont épuisés. C’est qu’il faut se les enquiller ces semaines de folie avec 30 heures de cours, 14 heures d’entraînement, 1 h 45 de match, des kilos de riz et d’oignons engloutis et des heures de soutien scolaire en dessert. Pratiquement tous les soirs, les élèves de terminale gagnent leurs bureaux pour bosser jusqu’à minuit, voire 1 heure. Ce sont les seules à avoir l’autorisation exceptionnelle de se coucher après 22 heures. Mais le réveil sonne à la même heure pour tous.

 

Coquetterie d’au revoir : un voile opaque a recouvert le centre et ses environs. Ça ressemble au brouillard mais ça n’en a pas le goût. Ce manteau-là n’est pas humide. Il pique les yeux, place rapidement une barre à hauteur du front et croque sous la dent. Il s’agit d’une tempête de sable. Rien de violent, c’est à peine si on sent le vent souffler. Des millions de grains infimes restent en suspension depuis une quarantaine d’heures maintenant, en provenance de Mauritanie. Pour paraphraser Dionysos, c’est comme si Dieu s’était décidé à croquer dans un sandwich en porcelaine et qu’il en dispersait les miettes parmi nous. Tout objet resté un tant soit peu au grand air se pare en quelques minutes d’une couche jaunâtre. Les plaquettes de freins crissent au premier freinage. On évite de manger à l’extérieur et de laisser les fenêtres ouvertes. Foutue avancée du désert…

 

Une oasis se profile pourtant, au sein même de l’institut. Une masse verte que l’on peut apercevoir au fond. Il s’agit des terrains synthétiques. Une vraie petite révolution dans la vie du centre. Pour eux aussi les jeunes piétinent. Nul doute que ces pelouses vont leur changer la vie. La première sera inaugurée demain, 17 heures. Les ouvriers ont posé ce matin les granulons qui se glissent entre les brins en plastique et en font des surfaces plus douces et agréables que leur version naturelle. Pour sûr, mon football va faire un pas de géant.

29 mars 2008 - Lire la suite Tags: none

Plein les yeux

Chose promise, chose due. J’ai fait découvrir aux multimédias « les Yeux dans les

bleus ». Pour ceux qui ne vivent pas sur une terre ronde comme un ballon, il s’agit du super documentaire de Stéphane Meunier racontant l’aventure 98 au sein du groupe France.


Hormis Maleye, le Franco-sénégalais de l’étape, aucun ne connaissait. Ils ont en revanche un équivalent local dévoilant les coulisses des Lions durant la Coupe 2002. Cela s’appelle « la Tannière ». Original.


Bien des profs paieraient cher pour obtenir la même attention. Ndiol et Sana, adeptes de la position « vautrée », n’ont jamais autant usé leurs coudes sur la table, penchés en avant qu’ils étaient. J’ai profité d’un silence monacal à chaque prise de paroles de Thuram, comme à chaque essuyage de crampons de Zidane. Lorsque le plus célèbre des Marseillais s’est isolé dans le vestiaire, les jeunes n’ont pas bougé une oreille. A croire qu’il ne voulait pas perturber la solitude de l’expulsé.


Ils n’ont pas aimé voir les joueurs nus sur les tables de massage, voir Bébert Gal masser la fesse de Liza. Ils n’ont pas aimé voir Laurent Blanc fumer. Ils ont trouvé moins grave de voir Barthez cigarette au bec. Vieux et Pape Alassane ont aimé imiter Zidane claquant des doigts en chantonnant une reprise des Enfoirés (« On ira tous au paradis). Moi, j’ai aimé leur montrer mon papa. Plusieurs m’ont demandé : « C’est qui lui ? », pointant du doigt Guivarc’h et Diomède. Vieux a fait écho à Thuram quand, à l’entrée des joueurs pour France-Croatie, le défenseur dit : « On est des chiens, on lâche rien. » Ali a adoré voir Jacquet pourrir ses joueurs à la mi-temps du dit-match. Abel a détesté voir Laurent Blanc être injustement privé de la finale, gratinant sa pensée d’un spontané « Putaaaaiinnnn ». Ils connaissaient la fin du film mais se laissaient porter par le suspense. Ils m’ont fait rire. Personne n’a réagi lorsque la sonnerie a retenti.


Mame Back jugeait le documentaire « super bien monté ». Ibrahima concluait par une parole d’évangile : « Eh ben, ce n’est pas facile de prendre la Coupe du monde. » Tu l’as dit bouffi.

17 mars 2008 - Lire la suite Tags: none
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