Europe 1, samedi midi, en direct de Diambars. Tout
est dit… Allez, un petit effort
pour en dire plus. Le samedi 12 avril donc,
Pierre-Louis Basse tiendra son émission « Faites comme chez vous »,
de midi à 14 heures, en direct de l’institut, ce qui est drôlement classe.
Pierre-Louis Basse est un feu follet du monde radiophonique.
En trois briques : polyvalent, percutant, rentre-dedans. Il a dans le ton
des airs d’Yves Calvi. J’aime beaucoup. Il se partage entre une émission le
lundi soir sur le foot, deux émissions d’actu le samedi et dimanche midi et
l’écriture de romans. Du moins pour ce que j’en sais. Il avait par le passé
sollicité Jimmy pour réaliser une émission depuis Saly. Passionné de foot
autant que de faits de société, Diambars pouvait légitimement titiller sa
curiosité. Jimmy l’a relancé il y a quelques semaines. En moins de temps qu’il
n’en faut pour transpirer sous le soleil sénégalais, l’affaire était pliée.
Ici, on cherche une salle qui ne raisonne pas trop, on se
dit qu’il faudrait tout de même penser à un groupe électrogène, on se demande
quels jeunes seraient pertinents au micro. D’ailleurs, des jeunes, il faudra en
récupérer quelques pelletées. C’est toujours les vacances, ils sont sensés
rentrer dimanche soir. La tuile… Ce n’est pas très grave : on fera un
crochet par Mbour et Rufisque pas trop loin, il y a une quinzaine de jeunes
footballeurs là-bas qui sacrifieront volontiers une demi-journée pour assister à
l’événement. Mouais… Mais c’est magique la radio, une fois sur place, ils vont
adorer.
Ils pourront même s’y mettre, dès la rentrée. Ludwig,
responsable de la classe multimédia, est revenu la semaine dernière avec dans
ses bagages du matos radio. C’est tout simple : un micro et un
enregistreur. Pile poil ce qu’il faut pour se régaler. Simple et sacrément
efficace. Rien que l’enregistreur va les appâter. La bonnette donne une coupe
afro à l’enregistreur. On aurait presqu’envie de lui faire fabriquer des petites
lunettes de soleil et une grosse chaîne de rappeur. Ca les ferait marrer. Au moins Mame Bak, fou
de montage.
Celui-ci, élève de la classe multimédia, défenseur, jongleur
de talent (avec les pieds, les mains et les logiciels de montage) et membre
éminent de la Say-say connexion a fait profiter le centre de son bagou terrible
ce week-end. Le malin, originaire de Diourbel – une centaine de kilomètres plus
au Nord -, a débarqué aux alentours de minuit, samedi, à l’institut, accompagné
d’un copain. Peur de rien : il raconte être venu faire un travail de
montage que je lui aurais commandé. Cela surprend. On m’appelle, j’apprends la
nouvelle alors que je fais travailler mon coude au troquet, rentre en vitesse
et il faut le dire, un brin éméché. Je lui serre longuement la main, le sachant
aussi studieux que moi en ce soir de beuverie :
Moi : Je ne t’ai jamais demandé de revenir travailler
pendant les vacances.
Lui : Mince, on ne s’est pas compris.
Moi : Tu parles ! Tu veux que je te dise ? Tu
es venu à Mbour voir ta copine et tu es venu à l’hôtel Diambars passer la nuit.
Lui (il sourit) : Noooon, je suis venu pour travailler.
Moi : Tu veux travailler ? OK, je vais te montrer
le montage que j’ai réalisé avec tes images en attendant que toi tu fasses le
tien. On avait dit que tu le ferais à ton retour, mais si tu veux le faire maintenant…
Il regarde, en silence, la vidéo dévoilant la réalisation
des terrains synthétiques en ligne sur diambars.org*. Je lui dis :
« Alors, tu fais quoi ? Tu travailles demain ? » -
« Non mais c’est génial ce que tu as fait, je pourrais pas faire mieux, je
crois que je vais rentrer demain. »
Le lendemain, il a repris la route après le déjeuner, non
sans avoir emmagasiné une dose de chambrage de ma part à lui faire regretter
son petit mensonge. Comme si Iba, le maître des lieux en cette période de stand-by,
allait le laisser passer la nuit dans les champs de moustiques et de serpents…
Il faudra tout de même que je le remercie à son retour. Je crois qu’il m’a fait
plus rire que la coupe afro de l’enregistreur.
L’émission sur Europe, l’arrivée du matériel radio pour les
élèves, l’un d’eux qui nous fait le sketch de l’élève studieux… Ce post un peu
fourre-tout a des airs de joyeux bordel. On dirait un plat sénégalais.
* Pour ceux qui veulent apprendre à faire un terrain
synthétique, c’est par là le mode d’emploi :
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